Ecrit par ptiterigolotte le 17/01/2010 - 17h08 - Catégorie : Critique

Bright Star est un
livre ouvert. Jane Campion, connue pour sa Leçon de piano il
y a quelques années nous amène dans un spleen digne d'un
Chateaubriand. A l'écran est dépeint l'histoire d'amour entre John Keats, un
poète romantique et Fanny,
une femme un peu frivole de la société pastorale londonienne du
20 ème siècle. Jane Campion joue sur les clairs obscurs : tout dans
ce film évoque des tableaux d'antan ; par là on surprend un Delatour
(cette scène du baiser foetus filmée en plongée) par ici l'Ophélie
de John Everett Millais (ce plan si gnaganïque d'une Fanny en fleur émerveillée d'avoir trouvé l'amour de sa vie).
Dans cette peinture sociale, les beautés sont éthérées, parfois
pâlichonnes mais toujours douces semblables à ce premier insert où
Fanny pique dans sa couture synonyme d'une révolte contre cette
domination masculine. Car dans ce film, les hommes ont parfois le
mauvais rôle à l'image de ce dandy un peu grotesque qui couche avec
la bonne et expose sa culture livresque à une Fanny qui plie à sa famille qu'elle aime par dessus tout. En résumé, un film
plein d'émotions pures, vraies, instantanées qui donne parfois la
chair de poule aux spectateurs les moins avertis. Avis aux rêveurs :
allez le voir, vous ne serez pas déçu.

Bright Star
- ma note pour ce film :
Année de production : 2006
Une histoire d'amour
Ecrit par Ligerien le 02/02/2010 - 21h36
Oui après avoir vu ce film admirable, je suis d'accord avec vous sur al condition féminine : ce film décrit réellement la femme qui aime et lutte pour son amour.
Il restitue aussi l'atmosphère romantique de l'époque en réaction aux rigides conventions sociales de la société anglais et puritaine,
(dont on verra les effets dévastateurs dans d'autres romances jusque dans les années 40 : voir l'admirable film de David Lean : Brève rencontre).
Malgré la prison qui enserre les femmes, Fanny est déjà une artiste dans la création des vêtements et ce penchant créateur l'aide à découvrir la beauté dans la poésie.
Elle est la dynamique de cet amour : Elle s'intéresse, elle s'investit avec ses maigres moyens dont elle dispose dans la prison sociale anglaise.
Le film restitue si bien comment la beauté des poèmes de John Keats la pénètre au fur et à mesure et elle grandit alors en amour pour rejeter ce destin tracé. Ses robes deviennent de plus en plus vives
ou parfois se colorent du blanc immaculé de l'amour.
Elle veut assumer son amour et ne peut le faire car l'ami de Keats, Charles Brown, la rejette, puis Keats lui-même, bien que se sachant en fin de vie,
la quitte sous la pression des écrivains. Le poète est grand mais (du moins dans le film) il n'écoute pas la vérité qui sort de la bouche amoureuse de Fanny, il abandonne cet amour incroyable pour suivre les conseils de ses amis,
alors qu'il se sent partir.
Quel désespoir pour elle ne pas avoir pu l'aimer et l'aider dans ses derniers jours.
Quel désespoir que ses amis n'ont pas pris conscience de cet amour qui seul aurait pu soutenir John Keats.
En effet son ami Charles l'a aussi abandonné, il l'a certes aidé mais soumis aux conventions, il l'a soustrait à sa douce compagne.
Seule la folie ou le renoncement à la vie sont le résultat d'un amour si fulgurant et si construit à la fois, détruit par manque de volonté des hommes et destruction par la société.
Elle errera ensuite folle de part la lande et nous pleurerons cette jeune femme qui enfanta ce bonheur mérité mais perdu et les immenses poèmes d'amour que John Keats ne nous donnera plus jamais.
Un film admirable.
Philippe D.
Ecrit par ptiterigolotte
le 27/01/2010 - 15h50
merci pour ce commentaire si poussé de mon humble critique (je précise que je connais pas bien Delatour... voir pas du tout, appart ses œuvres les plus célèbres)
Ecrit par vertamur le 24/01/2010 - 09h56
Quel plaisir de lire une critique si approfondie et nourrie de references..Ca tranche assez singulièrement avec la présence d'autres films plus bon public ou la reflexion se relache...Voir tout autant Delatour et une revolte contre la domination masculine ouvre une autre lecture au film que celle que j'avais faite..Je ne suis forcément d'accord avec toi, quand au rôle de cet ami fidèle humain qui impressionerait la servante..Il l' eveille en lui apprenant à lire, l'adultère certes n'est pas loin, mais la fin le montre, il prend en charge l'enfant finalement...Celui qui est oublié dans cette affaire est Keats..La scène ou il reconnait qu'il a abandonné son ami, est saissisante, troublante..C'est un constat amer qu'il fait, sa jalousie avec Fanny, l'eloigne un peu plus de cette amitié..Il a permis à Keats de s'epanouir en s'affranchissant des contraintes matérielles...
Permet de te faire partager la critique que m'a inspiré ce film si unique..
On retrouve d'ailleurs dans la bande-son, vers et conversations entre les deux amants:
. L’histoire du premier amour d’une brodeuse avec le grand poète romantique anglais: John Keats. Le film nous donne à voir cette histoire d’amour par les yeux de cette jeune fille. On ressent si distinctement la force de ses sentiments entre envolée du coeur et douleurs des déceptions. Ce film est un souffle porté par l’ union de ces ames unies par la purété d’un sentiment. Une éloge à la poésie qui charpente cette relation fusionelle et aux amours passées ou le voile de la pudeur couvrait le corps des amants embrasés de désir. Les vers de Keats sont admirables tant par l’ élégance de la langue que par la délicatesse des sensations qu’ils murmurent, au dela de la pensée. Ou la poésie pour lui était affaire de ressenti avant tout :
A poem needs understanding through the senses. The point of diving in a lake is not immediately to swim to the shore; it's to be in the lake, to luxuriate in the sensation of water. You do not work the lake out. It is an experience beyond thought. Poetry soothes and emboldens the soul to accept mystery
Cinephiliquement votre
V